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Nous voilà partit pour la journée JIMI du Festival de Marne. 10€, 12 groupes ainsi qu’une centaines de stands faisant la promo de la musique indépendante. Autant dire que côté budget, on s’y retrouve bien. Arrivé à 15h. Premier constat par rapport à l’année dernière : une petite salle supplémentaire, ce qui est plus adapté pour les petits groupes car on se rappel l’année dernière de certains concerts où il y avait presque autant de monde sur scène que dans la salle. Certains groupes se retrouveront donc plus à leur aise dans une salle plus petite. Second constat : beaucoup plus de monde que l’année dernière à la même heure. Il faut dire que cette année la programmation a été optimisée de manière à faire venir les gens dès l’ouverture du festival grâce à des noms comme Ultra Vomit et Ladylike Dragons pour la tranche ados.

On arrive donc pile poil pour le début du set des Ultra Vomit, groupe nantais parodiant le metal de manière rigolote. Mais soyons clair : Ultra Vomit chante des conneries mais le fait bien. Car ce n’est pas la première fois que des groupes s’amusent à reprendre des standards populaires en version metal ou punk. Mais là, il faut reconnaitre que les bougres sont très bons techniquement. Et le groupe reprend tous les clichés du monde du métal sans forcément le ridiculiser mais plus pour en rigoler et c’est bien là qu’est la différence. Et tous les styles y passent : métal (Pauv Connard, Mechanical Chiwawa, Gremlins), death (Mountains Of Maths, Une souris verte), heavy (Quand J'étais Petit), hard-rock 80s (Boulangerie-Pâtisserie, Je Possède Un Cousin), metalcore (Darry Cowl Chamber, Les Bonnes manières, la reprise de Calogero), pop-punk (Je Collectionne des Canards) … Même les looks de chaque membre du groupe évoquent un style différent : le punk à la guitare, le hard-rocker au chant, le coreu à la basse et le rapper à la batterie. Les kids sont au taquet. Ils chantent les refrains en chœur et n’hésitent pas à se défouler dans le pogo même si on est en plein milieu de l’après-midi. Le groupe est très pro et bien que les blagues (plus ou moins bonnes) sont lancées à tout va, on sent bien que rien n’est laissé au hasard. En conclusion, concert drôle et sympa qui mérite le détour, mais qui fait aussi penser à un spectacle de garderie. Mais bon, des groupes comme ça, de toute façon il en faut. Et on peut être content que ça soit un groupe qui est tout sauf amateur.





Le concert suivant sera celui des anglais de Inner Terrestrials. Si leur nom est peu connu, il n’en est pas de même dans les milieux keupons et undegrounds. Et c’est donc un public initié et plus mature qui accueillera Inner Terrestrials. Le jeu de scène du trio est assez calme et le « Do It Yourself » du groupe se fait bien ressentir. Mais l’originalité du groupe se base surtout sur ses compos qui passent du punk bourrin au ska à la rythmique irrésistible avec des passages dub pesant. Cette concaténation des styles (car ici les registres ne sont pas mélangés) aura raison d’une partie du public avec des pogos, certes moins gros que pour Ultra Vomit mais bien plus violent faisant passer ceux de ces derniers pour une bousculade de sortie d'écoles. Les textes sont clairement engagés : droit des animaux, écologie, guerre, droits des squatters … Sur certains titres, la flûte ajoute un côté celtique, vite interrompu par du gros punk hargneux. Le chanteur à la teinture digne de Cruella ne tombe pas dans les clichés du chanteur keupon gueulard et assure un chant limpide et réfléchit. Le bassiste dreadlocké prend toute son ampleur sur les instants dub avec ses solos de basses puissants et lourds. Un très bon concert brut et modeste d’un groupe engagé qui est difficile à cataloguer et auquel l’étiquette « indépendant » lui correspond le mieux.




Même pas le temps de se remettre des hématomes du pogo qu’on enchaine directe avec le concert de The Craftmen Club, groupe de rock-folk-garage qui nous a sortit un dernier album bluffant. Le groupe dégage autant d’énergie qu’en studio et l’attitude est très rock’n roll. Ce qui n’est pas pour déplaire au public qui suit bien le groupe.On regrettera tout de même que les sons au banjo soient issus d’un sample et non d’un vrai instrument. Mais la prestation bouillonnante du chanteur/guitariste nous fera oublier ce détail. Bref, un concert rock’n roll avec un brin de folie comme on les aime. Clairement, un groupe à surveiller pour la suite.



Se seront pour moi les derniers concerts de la journée. Trop occupé à refaire le monde avec des amis autour d’une (voir plusieurs) bière(s). Mais de ce que j’ai entendu Brain Damage et Sexy Sushi ont fait sensation.

Depuis sa naissance dans les années 70, le punk côtoie et échange avec le reggae par son idéologie et sa culture underground. C'est dans ce contexte musical que le festival Maroq'n propose sa soirée du dimanche à la Maroquinerie. Ayant un peu peur de trouver une salle vide par un dimanche, je suis vite rassuré en apercevant les premiers punks dans la rue et je trouve une salle relativement bien remplie. J'arrive à la fin de concert de Sna-fu.

Sna-fu est un jeune groupe français pratiquant une sorte de punk rock'n roll garage boosté à la sauce cocaïne. Leur set est très impressionnant. Un jeu de scène ultra énergique et complètement barré. On pense à The Hives, par leur style vestimentaire (chemises blanches) et la belle gueule du chanteur. Je regrette de n'avoir vu seulement que les deux dernières chansons. A mon avis, c'est un groupe à suivre, on va en entendre parler ...

Puis vient nos amis les Burning Heads. La dernière fois que je les ai vu, c'était il y a presque 10 ans. Ça ne me rajeunit pas. A l'époque j'écoutais l'album Dive et après j'ai décroché. Puis je me suis ré- intéressé au groupe quand ils se sont mis à faire du reggae et du drum & bass, preuve de l'ouverture d'esprit du groupe. Le chanteur a pris en charisme. Le groupe alterne entre reggae et punk rock. Malgré leur statuts de fer de lance du mouvement punk en France, le groupe peine à faire bouger la salle. Ils ont pratiquement pas fait de titres de leur dernier album. Dommage, j'aime bien leur façon de faire du reggae.

Enfin , vient le tour des Londoniens Inner Terrestrials de monter sur la scène. Le groupe est assez atypique : un punk au chant et à la guitare, le bassiste porte d'énormes dreads et un batteur physiquement très corpulent. Cela dit, ce dernier assure vraiment bien à la batterie. Autant Burning Heads faisait soit un morceau punk soit un morceau reggae, autant Inner Terrestrials fait dans le même morceau du punk, du ska ou du reggae. Ils ne fusionnent pas les genres. Ils passent d'un style à un autre, un peu comme le faisait les Bad Brains. Malgré un jeu de scène un peu statique, le public réagit bien et on passe du pogo destructeur au partie de skank joviale.


Burning Heads - Hey you :




Burning Heads - Synaptic warfare :




Inner Terrestrials :




Inner Terrestrials :