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Un RER D en rade. Des bouchons monstrueux sur l’A86. Non, décidément ce n’est même pas la peine d’imaginer une toute petite chance de voir Shaka Ponk à 19h à Choisy-le-Roi pour le Festival de Marne. Mais quelle idée aussi de les programmer aussi tôt à 30 bornes de Paris un vendredi soir ? Je vous le demande ! Mais bon, finalement cette incompatibilité d’horaires m’arrange car je peux prendre tout mon temps pour venir sur le site.

Arrivé à 21h sans stress ni sueur. A peine sortit de la voiture que l’on m’aborde pour savoir si je n’ai pas une place à vendre. C’est pas bon du tout ! Je veux dire, pour moi pas de soucis. Mais pour les potes qui sont moins prévoyant c’est une autre histoire. Finalement, après une tactique peu avouable (dont nous garderons le secret) nous arrivons finalement à rentrer sur le festival. Tels de bons festivaliers nous nous dirigeons droit vers la buvette surpeuplée. Autour d’une dizaine de bières valeureusement récupérées dans la cohue du bar, nous écoutons en fond les mix de Chinese Man balançant ses tubes, suivit de Beat Torrent. Entre temps on retrouve d’autres compagnons qui étaient aussi en galère de billets à l’entrée et nous échangeons nos méthodes respectives d’infiltration sur le festival. Entre escalades de barrière, bobards énormes ou le fait de se faufiler entre les videurs en toute discrétion, les anecdotes sont très drôles à écouter.

Mais c’est pas tout ça, mais le concert des stars de la soirée, Le Peuple de l’Herbe, va commencer. On se faufile dans le grand chapiteau pour profiter du show. Le show est carré et ultra dansant. JC 001 et Sir Jean sont de la partie. Les deux Mcs sont désormais indissociables du groupe. Un concert du PH sans eux n'aurait plus de sens. A notre grand bonheur, le groupe joue les titres de son futur nouvel album. Des nouveaux morceaux intéressant dans la continuité de Radio Blood Money (hip-hop/electro/acid-jazz) avec parfois des passages très rock. Certains morceaux sortent clairement du lot. Peut-être les prochains tubes ? Bien sûr les classiques ne sont pas oubliées : History Goes, The Mission, Ph Theme, No Escape, Plastic People et même Romantic ("amour tu me dois les plus beaux jours de ma vie") qui n'avait pas été joué en live depuis très longtemps. Le Peuple de l'Herbe maîtrise la scène et n'a rien perdu de son énergie au fil des années. Dans la salle ça danse, ça saute, ça slam. On a de la place et c'est bien plaisant. Ils terminent avec un court rappel comportant l'incontournable Herbman Skank au grand bonheur de la foule. On restera quand même un peu sur sa faim. Faute surement à un set trop court avec pas assez de morceaux rentre-dedans. Mais le timing est serré et le festival doit fermé ses portes. En tout cas le prochain album semble prometteur et on attend avec impatience la prochaine date au Nouveau Casino en Novembre.





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Nous voilà partit pour la journée JIMI du Festival de Marne. 10€, 12 groupes ainsi qu’une centaines de stands faisant la promo de la musique indépendante. Autant dire que côté budget, on s’y retrouve bien. Arrivé à 15h. Premier constat par rapport à l’année dernière : une petite salle supplémentaire, ce qui est plus adapté pour les petits groupes car on se rappel l’année dernière de certains concerts où il y avait presque autant de monde sur scène que dans la salle. Certains groupes se retrouveront donc plus à leur aise dans une salle plus petite. Second constat : beaucoup plus de monde que l’année dernière à la même heure. Il faut dire que cette année la programmation a été optimisée de manière à faire venir les gens dès l’ouverture du festival grâce à des noms comme Ultra Vomit et Ladylike Dragons pour la tranche ados.

On arrive donc pile poil pour le début du set des Ultra Vomit, groupe nantais parodiant le metal de manière rigolote. Mais soyons clair : Ultra Vomit chante des conneries mais le fait bien. Car ce n’est pas la première fois que des groupes s’amusent à reprendre des standards populaires en version metal ou punk. Mais là, il faut reconnaitre que les bougres sont très bons techniquement. Et le groupe reprend tous les clichés du monde du métal sans forcément le ridiculiser mais plus pour en rigoler et c’est bien là qu’est la différence. Et tous les styles y passent : métal (Pauv Connard, Mechanical Chiwawa, Gremlins), death (Mountains Of Maths, Une souris verte), heavy (Quand J'étais Petit), hard-rock 80s (Boulangerie-Pâtisserie, Je Possède Un Cousin), metalcore (Darry Cowl Chamber, Les Bonnes manières, la reprise de Calogero), pop-punk (Je Collectionne des Canards) … Même les looks de chaque membre du groupe évoquent un style différent : le punk à la guitare, le hard-rocker au chant, le coreu à la basse et le rapper à la batterie. Les kids sont au taquet. Ils chantent les refrains en chœur et n’hésitent pas à se défouler dans le pogo même si on est en plein milieu de l’après-midi. Le groupe est très pro et bien que les blagues (plus ou moins bonnes) sont lancées à tout va, on sent bien que rien n’est laissé au hasard. En conclusion, concert drôle et sympa qui mérite le détour, mais qui fait aussi penser à un spectacle de garderie. Mais bon, des groupes comme ça, de toute façon il en faut. Et on peut être content que ça soit un groupe qui est tout sauf amateur.





Le concert suivant sera celui des anglais de Inner Terrestrials. Si leur nom est peu connu, il n’en est pas de même dans les milieux keupons et undegrounds. Et c’est donc un public initié et plus mature qui accueillera Inner Terrestrials. Le jeu de scène du trio est assez calme et le « Do It Yourself » du groupe se fait bien ressentir. Mais l’originalité du groupe se base surtout sur ses compos qui passent du punk bourrin au ska à la rythmique irrésistible avec des passages dub pesant. Cette concaténation des styles (car ici les registres ne sont pas mélangés) aura raison d’une partie du public avec des pogos, certes moins gros que pour Ultra Vomit mais bien plus violent faisant passer ceux de ces derniers pour une bousculade de sortie d'écoles. Les textes sont clairement engagés : droit des animaux, écologie, guerre, droits des squatters … Sur certains titres, la flûte ajoute un côté celtique, vite interrompu par du gros punk hargneux. Le chanteur à la teinture digne de Cruella ne tombe pas dans les clichés du chanteur keupon gueulard et assure un chant limpide et réfléchit. Le bassiste dreadlocké prend toute son ampleur sur les instants dub avec ses solos de basses puissants et lourds. Un très bon concert brut et modeste d’un groupe engagé qui est difficile à cataloguer et auquel l’étiquette « indépendant » lui correspond le mieux.




Même pas le temps de se remettre des hématomes du pogo qu’on enchaine directe avec le concert de The Craftmen Club, groupe de rock-folk-garage qui nous a sortit un dernier album bluffant. Le groupe dégage autant d’énergie qu’en studio et l’attitude est très rock’n roll. Ce qui n’est pas pour déplaire au public qui suit bien le groupe.On regrettera tout de même que les sons au banjo soient issus d’un sample et non d’un vrai instrument. Mais la prestation bouillonnante du chanteur/guitariste nous fera oublier ce détail. Bref, un concert rock’n roll avec un brin de folie comme on les aime. Clairement, un groupe à surveiller pour la suite.



Se seront pour moi les derniers concerts de la journée. Trop occupé à refaire le monde avec des amis autour d’une (voir plusieurs) bière(s). Mais de ce que j’ai entendu Brain Damage et Sexy Sushi ont fait sensation.



Quand j'annonçais que j'allais voir Tryo en concert, souvent les gens ricanaient ou me disaient des conneries du genre « J'aurais pas cru ça de toi ». Je ne comprends pas cette réaction. Mais c'est vrai que qui aurait parié à l'époque que ce petit groupe aux chansonnettes simplistes abordant des sujets ne dépassant par le jardin de la voisine deviendrait un des groupes incontournables de la chanson française. Mais Tryo a grandi et sa musique aussi. Le groupe dénonce dans ses textes avec intelligence et humour de nombreuses inégalités. Ceux qui se moquent de Tryo aujourd'hui sont ceux qui parlent sans savoir et qui se basent sur leurs souvenirs d'il y a 10 ans. Cela dit, je ne me fais pas trop de soucis pour leur popularité. Le Festi'val de Marne pour son concert de clôture annonçait complet.

Un concert vraiment mémorable. Pourtant il n'était pas partit pour. Quelques secondes avant le concert, une voix style Secret Story se fait entendre et annonce qu'il est interdit d'enregistrer, de filmer ou de prendre des photos. Propos, instantanément suivi par les sifflets du public. Tryo débarque sur scène et là … aucun son. Ni micro, ni instruments. La grosse looze. Le groupe ne panique pas, et entame l'hymne de nos campagnes avec paroles chantées en choeur par un public totalement aux anges. Le son reviendra au cours de la chanson. Finalement ce qui devait être une ouverture ratée devint un coup de maitre. S'en suit tous les tubes et beaucoup de nouveaux titres du dernier album. Le groupe se fait accompagné de divers musiciens : percus, violoncelles, … Ils firent une formidable reprise de Gainsbourg. Une petite perte de rythme sur la très belle chanson Toi & Moi. C'est dommage. Et une belle montée en puissance avec Marcher droit. Malgré son énorme succès, le groupe reste très proche du public. Un très bon concert tout en simplicité.

Marcher droit :

Mes fidèles compagnons, pas remis du concert de la veille ont décidé de rester chez eux. Et c’est donc seul que je vais à cette Journée des Initiatives Musicales Indépendantes au Festi’Val de Marne.

J’arrive pile poil pour le concert de Chemempa, groupe festif découvert au Printemps de Bourges cette année. Le chapiteau est un peu vide à cette heure de la journée, mais le groupe assure un très bon concert frais et ensoleillé. Musicalement, ils font un peu de tout : ska, salsa, musique de l’est, reggae … le tout dans une bonne ambiance. Une très bonne prestation scénique du chanteur ainsi que du tromboniste et de la flûtiste. Concert très agréable qui donne le sourire.



Second concert assuré par The Latitudz gagnant du concours Zebrock. Dans un style plutôt rap-rock, le groupe se défend bien sur scène. Le charismatique chanteur ne se laisse pas démonter devant un chapiteau à peine plus rempli que pour le précédent concert et n’hésite pas à descendre dans la salle et à se balader tout en chantant. J’ai apprécié les titres rap-rock qui pètent bien, mais moins ceux où le chanteur se la joue rapper lover. Cela dit, sur le dernier titre, le groupe déclencha le premier pogo de la journée.



Vient ensuite, les gros durs de Absolute. Le groupe fusionne un peu tous les styles : rap-métal, hardcore, reggae, breakbeat et sonorités orientales. Le groupe est constitué d’un ensemble batterie, basse, guitare, deux djs, et deux chanteurs. Ca fait en partie penser à Enhancer avec une touche electro. Le jeu de scène assuré surtout par les chanteurs est impressionnant. Ils hurlent et font des sauts de crapaud dans tous les sens. Un concert musclé qui n’a pas laissé indifférent le public. Les pogos quoique peu garnis, étaient bien violent. Les gros riffs hardcore se marient bien avec la jungle en fond. Le fait de fusionner avec tous les styles prouve l’ouverture d’esprit du groupe, mais tue aussi l’identité de la musique, car au final, on ne sait plus trop ce que c’est et on a l’impression que ça part dans tous les sens.



Dans, un autre registre musical, mais tout aussi violent arrive les turbulents de Sna-Fu. Le jeune groupe est toujours aussi spectaculaire sur scène. Sna-Fu, ça fait penser à The Hives en plus furieux. Sur scène, c’est le désordre. Pas un membre du groupe ne tient en place. On se demande dès fois, comment ils font pour pas se rentrer dedans ou se donner des coups de manches de guitares. Un groupe à voir d’urgence et à surveiller de près.



Le cinquième concert est assuré par le groupe Stanley Kubi venant il me semble des Vosges. Stanley Kubi vient d’un univers musical issu d’un monde parallèle que eux seuls perçoivent. Impossible de définir le style du groupe. Environ toutes les 2 secondes, on passe de la petite chansonnette aux gros riffs rageurs plein de hargne. Le groupe change d’univers, transitant d’un style à un autre complètement opposé. A ma connaissance, le groupe qui leur est le plus proche est Psykup. Le chanteur, véritable show à lui tout seul, passe son temps à faire des grimaces et des mimiques digne d’un aliéné. Au début, je l’ai trouvé très énervant. Mais au fur et à mesure des titres et des interludes, le personnage devient vite attachant. Surtout que vers la fin du show ils ont distribué au public des gobelets de rhum pur. Ca aide...



J’ai zappé le concert de R-Wan. Au bar, je suis tombé sur des connaissances du Sziget. Des fois, le monde est petit.

Mes nouveaux compagnons étant tellement imbibés d’alcools que leurs gestes et leurs propos n’avaient plus trop de sens. Je les abandonne pour allé voir le groupe Aqme. Le groupe a l’étiquette de musique pour ados rebelles. Et d’après ce que j’ai vu, ils n’ont pas trop fait d’effort pour changer de style. Le grand chapiteau était bien trop grand pour eux. Concert creux et sans intérêt.

La nuit est tombée, et il commence à faire froid. Mes jambes commencent à me peser, et mes bleus de la veille me font encore mal. Je n’ai pas apprécié qu’ils nous foutent à la fin du concert hors du chapiteau à attendre dans le froid. De plus, le concert suivant a pris du retard et ils tardent à ouvrir les portes du chapiteau. Tant pis pour La Phaze et Ezequiel. Trop froid et trop fatigué. Je préfère partir…

Des photos sont dispo sur le site du hiboo.

Arrivée à l'arrache sur le site de Choisy-Le-Roi pour le Festi'Val de Marne. Après quelques 8°6 et une conversation sans queue ni tête avec des punks bien éméchés, on arrive toute de même juste à temps pour le concert de Tagada Jones. Le groupe, fidèle à lui même, nous a livré du gros son punk-hardcore-métal avec une pincée d'electro. Les pogos sont musclés et toniques. Le groupe a enchaîné sans perdre un instant tous les titres connus (Je veux te voir à genoux, Ecowar, Le Pavillon Noir, Cargo, Combien de temps encore, Le feux aux poudres, Le drapeau ...) et bien d'autres dont je ne me rappel plus, trop occupé à survivre dans le pogo. J’ai dû me rétamer la gueule deux ou trois fois et déjà, j’ai un coude en sang. Le concert ne nous a laissé pratiquement aucun temps mort. Le timing du festival est serré et il faut le respecter. C’était un concert à fond les manettes. Le groupe est partit aussi vite qu'il est arrivé, laissant un chapiteau chaud bouillant.

Tagada Jones - Le drapeau :



Tagada Jones - Le feux au poudres :



A peine remis des pogos du premier concert, on se dirige direct vers le grand chapiteau pour voir un des groupes culte de la scène punk : The Exploited. Le concert n'a pas encore commencé, mais y a déjà beaucoup de monde qui attend. Je regarde autour de moi. La moyenne d'âge est assez élevée mais y a pas mal de kids aussi. Dans le public, on retrouve tous les codes vestimentaires du mouvement punk : crête décolorée, blouson noir avec pics ou capsules de bières, rangers, jeans serré, chaînes, piercings, tatouages … La lumière s’éteint et le groupe arrive sur scène. Je crois que depuis la création du groupe, il ne reste plus que le chanteur. On retrouve sa légendaire crête rouge et il a vraiment une tête de tueur. Il est accompagné d’un guitariste et d’un bassiste (balayant tout avec ses longues dreads) qui font plutôt jeune par rapport au chanteur. Le son est très fort et les morceaux ultra-violents et rapides. Le chanteur hurle comme une brute et on ne comprend pas trop ce qu’il raconte. On reconnait seulement les aires : Chaos Is My Life, Dogs of War, Fuck the System, Fucking USA, Beat the bastards, Trops of tomorrow, I Believe in Anarchy … et surement d’autres que je n’ai pas reconnus. La plupart des morceaux dépassent à peine la minute. On est plus proche du trash-metal que du punk. Dans la fosse, c’est l’apocalypse. L’énorme pogo qui s’est formé devant la scène laisse celui du concert précédent pour une petite bousculade de métro du dimanche. Je ne me rends compte que se ne sont pas les punks les plus dangereux mais les kids qui sont complètement déchainés. Ca fight et ça slam dans tous les sens. Les gars de la sécurité ont l’air complètement dépassé. Ils en oublient qu’il s’agit d’un concert et passent près de 20 minutes debout devant la scène à repousser ou a guetter les plus turbulents, si bien qu’on ne voyait plus le chanteur. Au rappel, ils nous jouent Sex & Violence qui déclenche un véritable raz de marée humain avec en guest le chanteur et le guitariste de Black Bomb A (sources : voir commentaires du post), suivi de Punk’s not dead. Le concert était raisonnablement long et ils ont pu faire le tour de leurs titres les plus connus. Mais, c’est dommage qu’ils n’ont pas joué Exploited … Barmy army malgré que les fans hurlaient entre chaque morceaux le slogan. On sort tous calmement du chapiteau. Je pense qu’on était tous conscient que musicalement et techniquement c’était pas exceptionnel et que c'était loin de faire dans la finesse. Mais c’était un truc à faire. Et Putain ! Que c’était bon !


The Exploited - Beat The Bastards :



The Exploited - Sex & Violence :



The Exploited - Punk's Not Dead :