Il y a 10 ans, une programmation comme celle-ci remplissait sans problème les salles. C’était l’époque où on était tous « ska ». C’est donc une programmation à l’ancienne que nous offre la Peña Festayre avec La Tête Ailleurs, B-Roy, Big Mama et Les Caméléons.

La salle est juste pleine. Il y a pas mal de grands garnements comme moi qui cherchent ce qui les a fait vibrer il y a quelques années. Il y a aussi pas mal de monde pour la soirée « boite » après le concert. Le set de Big Mama est déjà bien entamé. A l’époque de ses deux premiers albums, Big Mama faisait du festif cuivré avec un peu de tout (ska, funk, reggae, rock, salsa, punk, disco …). Le groupe n’a désormais plus de section cuivre et joue dans le registre pop-punk avec textes en français. Le groupe est bien motivé mais la sauce ne prend pas vraiment. Moi non plus, j’ai du mal à accrocher. Ils terminent avec une reprise de la Mano Negra suivi d’un morceau punk émoustillant les quelques fans.



Passage au bar pour profiter de l’opération Ricard à 1€ et un petit coup d’œil à B-Roy chantant seul avec son accordéon pendant le changement de matos. B-Roy a pris un sacré coup de vieux depuis la dernière fois que je l’ai vu (il y a 5 ans il me semble). Difficile de croire que ce petit bonhomme chanteur de bistrots a fait partit du Radio Bemba de Manu Chao et remplissait les stades. Sur des aires de java, ses textes parlent d’amitiés, de voyage, de galères … Des textes engagés qui ne font pas vraiment mouche auprès du public ce soir. B-Roy a plus sa place dans les bars ou dans la rue au plus près des gens que sur une scène.



Vient le tour des Caméléons d’investir la scène. Faux départ du groupe qui après deux ou trois morceaux réalise qu’il n’y a aucun son au micro. Celui-ci étant changé, le concert peut enfin commencer. Le ska-rock latino des Nantais est toujours aussi efficace pour mettre l’ambiance. Un petit pogo se forme spontanément au devant de la scène et on apercevra quelques courageux slamers. La prestation scénique du groupe et énergique et carré. La setlist qui s’attarde dans un premier temps sur le dernier album (Cinco, Pas de concession) finit par donner la part belle aux classiques qui ont fait la popularité du groupe : Todos, Super Nova, Les Huiles, Obrero, Quiero Ser Bandolero, Hace Calor, Ciudad de Oro, Madre Mia, La Berlue, Soledad (excellente reprise de la Mano), Je ne Paie Pas, Seguire. Ils clôturent le concert avec Tout le monde à Poil. On regrettera l’absence de Chiquito dans la setlist. Bon concert avec un joyeux bordel plutôt en retenu ce soir à la Peña. Petite déception : le groupe n’est plus que l’ombre de lui-même. Contrairement à La Ruda ou encore à Babylon Circus, Les Caméléons ne cherche plus à se renouveler ni à surprendre et reste dans une démarche automatique et sans saveur. C’est dommage. On espère un peu plus de fraicheur sur le prochain album annoncé en septembre. Malgré tout, Les Caméléons reste un excellent groupe de scène que je conseille vivement à ceux qui ne les ont jamais vu en concert.



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