Le festival du Chien à Plume est un festival de Champagne-Ardenne du côté de Langres. Après avoir fait les montagnes russes avec ma caisse dans le champ faisant office de parking, j’entre enfin sur le site. Premier constat : la taille du festival. Le Chien à Plumes étant une première pour moi, je ne savais pas à quoi m’attendre et vu la prog, je pensais tomber sur un site monstrueux. Mais à mon grand bonheur, on est dans un festival à taille humaine.

C’est à Maniacx de commencer les festivités sur la grande scène. Maniacx est un trio qui impose un rap festif et qui l’assume. Avec des chants en anglais et des samplers pris dans les cartoons, le hard-rock, le ska et les jeux vidéos, le groupe pratique un spectacle délirant et sympathique. Chaque morceau aura droit à son petit jeu de scène. Certains seront bien trouvés comme la distribution de rhum-orange ou la partie hard-rock, mais d’autres laissent à désirer comme les déguisements de grand-mère ou de jeux vidéos. Quoiqu’il en soit le groupe fait mouche auprès d’un public bien motivé et déclenchera les premiers pogos de la soirée.
Titres jouées : Crazy Sound With The Aliens, Maniacx, Wear My Clothes, Rime’s Shot, Alcohol, I Want a Mulet, Me and my girl, Dumber Star, Try it, Funny guys, Video Games, Flik's fan club.



Petite pause, le temps de chercher de quoi se nourrir de kebabs immondes et on jette un coup d’œil à la petite scène. Jolie surprise que le Chapelier Fou nous livre. Le Chapelier fou c’est un dj/violoniste qui joue un genre de classique-electro très plaisant à écouter. Puis sur la grande scène vient le mythique Buena Vista Social Club. C’est assez étrange de placer un groupe de salsa entre deux groupes de rap-electro. C’est sympa à écouter mais je suis comme 99% du public : inculte. Donc on préfère se poser dans l’herbe et écouter les maîtres, même si on ne capte pas grand-chose. Dans le public des rares initiés danseront quelques pas de salsa, d’autres opteront pour la lambada (mais peut être croyaient ils danser la salsa) et d’autres feront la queue leu leu, ce que je considère limite comme une insulte envers le groupe vu le niveau des musiciens. En tout cas, ce sera un concert découverte très agréable avec une partie jazz de piano/contrebasse à faire frémir. Bref un concert parfait pour se charger en attendant la suite.

Passage à un niveau plus velu avec les énervés de Asian Dub Foundation. Le concert du Bataclan avait été très décevant. Les deux chanteurs venaient tout juste d’intégrer le groupe et ça sentait le réchauffé. De plus avec un public parisien blasé le concert semblait bien fade. Mais là, ce sera toute autre chose. Après une intro dub, on passe à leur célèbre mélange de hip-hop, drum’n bass, rock, ragga et musique traditionnelles pakistanaises, et là c’est le raz-de-marée humain dans la fosse. Un pogo général se déclare et qui jamais ne s’arrêtera durant tout le concert. Asian Dub conscient de cet engouement s’y met à fond aussi. On se dit qu’un moment ils vont calmer le jeu, mais non, ils continuent de plus bel. Les deux MCs se complètent bien et imposent leur style par rapport à leurs prédécesseurs. Les percus indiennes sur les sons jungle sont un vrai régal. Le groupe a d’ailleurs souhaité l’anniversaire du percussionniste sur scène. Et le Dj (seul rescapé du groupe d’origine avec le guitariste) quittera ses platines le temps d’un morceau pour faire une démonstration de breakdance/dance traditionnelle. Malgré les années écoulées, ADF continue à assurer des concerts très physiques au grand bonheur de ceux la vieille école et des nouveaux fans.
Titres joués : Fortress Europe, Rise To The Chalenge, Flyover, Oil, Take Back The Power, Target Practise, Burning Fence, Superpower, Speed of Light, S.O.C.A, Taa Deem.



Enfin, vient le tour des Shaka Ponk, révélation rock du moment. Shaka Ponk fait parti de ces groupes qui quand on les voit sur scène, tout semble tellement évident. Le style, la musique, le jeu de scène et le visuel. Le groupe sait imposer son univers et nous y invite avec panache. Après l’ouragan Asian Dub où le public était à 100%, les pogos sont moins gros mais beaucoup plus violent. Shaka Ponk joue une fusion funk/rock/electro qui déboîte. L’aspect artistique et visuel est mis en avant par la gestuelle du chanteur et des projections vidéo qui affichent un clip sur chaque morceau. Après une première moitié de setlist explosive et remplie de tubes. La seconde moitié sera moins intéressante avec des morceaux qui se ressemblent tous plus ou moins. Mais peut être est ce la fatigue ou le fait que je ne connaissais pas les chansons jouées. Il faudra attendre vers la fin du set lors du solo impérial du batteur pour qu’on sente à nouveau que ça reparte.
Titres joués : Twisted Minda, Te Gusta Me, Hell'O, Techno Kills, Dot Coma, Lama Laïco, Just a Nerd, Make it Mine, How Will Kill Stars, Prima Scene, Hombre Que Soy ...





Bilan de cette première journée : une programmation bien trouvée, un site sympa, des kebabs dégelasses et un jeune public au taquet et infatigable.

A voir :