De retour de vacances, je dépile ma boite email, et tombe sur deux mails de Youtube. Le premier m'informe que suite à la demande de Wagram Music, une de mes vidéos de Caravan Palace filmée lors du festival Solidays 2008 est supprimée. Celle-ci est considérée comme une infraction aux droits d'auteur. Jusque là, rien à dire. Par contre, le deuxième mail m'annonce cette fois que Wagram Music revendique ses droits sur une autre vidéo de Caravan Palace.

Votre vidéo "Caravan Palace @ Solidays 2008 - Suzy" reste disponible, car Wagram Music autorise l'apparition de ce contenu sur YouTube pour l'instant. Tant que votre vidéo fera l'objet d'une revendication de Wagram Music, il recevra des statistiques publiques concernant cette vidéo, telles que le nombre de consultations. Les utilisateurs pourront également voir des publicités sur la page de lecture de votre vidéo.

Je remarque surtout que quand le film est de bonne qualité, ils sont ok et c'est eux qui reçoivent les fleurs et en profitent pour faire leur promo au passage. Mais bon, vu qu'ils ont les droits d'auteurs et je ne peux rien y faire à part la supprimer rien que pour les embêter.

Si mon blog a réussi à se faire une modeste place dans la gigantesque blogosphere musicale ce n'est non pas grâce à ma plume qui manque de sérieux, ni à mes photos granulées et foireuses, mais grâce à mes vidéos mises en ligne sur YouTube. L'originalité est que mes vidéos sont du brut de brut. Aucun montage. Aucun trucage. Filmer seulement la scène et les artiste n'a aucun intérêt pour moi. Ce que je trouve drôle et excitant, c'est de me jeter dans le brasier pour prendre un échantillon de cette fureur et de pouvoir la faire partager. Mes vidéos témoignent de l'ambiance, de la brutalité, de l'euphorie, de l'émotion et de la moiteur qui se dégage durant les nombreux concerts que j'ai pu faire.

Heureusement, que tous les producteurs ne font pas la même chose que Wagram Music sinon je serai mal. Beaucoup de mes vidéos se retrouvent sur les sites MySpace des artistes : Danakil, Senser, Chemempa, Es Lo Que Hay, Parno Graszt, Parov Stelar, Mala Suerte, Brains, Irie Mafia, New York Ska Jazz Ensemble, Inner Terrestrials, Kwak, Headcharger ... Je prend ça comme une récompense. Le must, c'est quand l'artiste laisse un petit commentaire de remerciement sur mon blog. Des fois, ce sont les producteurs de festivals qui récupèrent mes vidéos (Sziget, Festival Courts dans l'herbe, Novaplus). A noter aussi que Roadrunner records himself (Sepultura, Fear Factory, Obituary, Soulfly ...) a mis sur son site ma vidéo de Machine Head. Ça aussi, c'est la classe! Même les sites musicaux tels que le Hiboo, Les Inrocks et MusicSpot se sont servis dans mes vidéos.

Me faire le concert de Ska-P comme cadeau de Noël ? Pas vraiment, étant donné que j'avais acheté ma place bien 6 mois avant. Et a peine sortit du métro que l’on se fait harcelé par des vendeurs à la sauvette. Et leur nombre ne fera qu’accroître tout le long du chemin entre la station et le Zenith. J’aurais été curieux de connaître leur prix. Ils ont du brader un max vu la concurrence qu’ils avaient entre eux. Comme d’hab, entrée tranquille dans le Zenith. Et là, mauvais surprise : pas de vestiaire. Obligé de se trimbaler gros manteau et sac. La looze. Heureusement, malgré que le concert annonçait complet depuis plus de deux mois, la salle n’est pas entièrement pleine (ça doit être toutes les places non vendues dehors) et j’ai pu caser discrètement mes affaires sur un siège.

La première partie est assurée par Jim Murple Memorial. Bon set de ska rocksteady des années 60. Mais le public s’impatiente et scande le nom de la tête d’affiche entre chaque morceau. Dur dur d’être la première partie d’un gros groupe qui fait son come-back. J’avais pitié pour la chanteuse qui ne s’est pas démonté et a continué son show en priant le public de patienter encore un peu. J’aime bien Jim Murple, mais je dois avouer que moi aussi, j’attendais impatiemment que leur set se termine.

La première partie se termine. Cette fois c’est la bonne. Gros mouvement de foule des gradins vers la fosse. Changement du matos assez rapide, malgré que chaque minute semble une éternité pour le public. Beaucoup de monde, mais le Zenith est toujours loin d’être complet. C’est quasiment impossible de s’approcher à moins de 20 mètres de la scène. Extinction des feux. Musique d’ambiance. Hurlement de bonheur de la foule. Arrivée des musiciens au compte-goutte. Et finalement arrivé de Pulpul et Pipi. Ils n’ont pas changé. Toujours la même gueule, toujours la même coupe. Les premières notes de Ni Fu Ni Fa retentissent et c’est partit pour un énorme joyeux bordel. Par expérience, je sais que lors de la première chanson, l’incruste relève de l’inconscience et il vaut mieux regarder de loin, le temps que tous ceux qui n’ont pas leurs place devant se fassent dégager. Je m’installe confortablement et prend le temps de filmer en me disant que se sera peut-être la seule de la soirée.

Intro + Ni Fu Ni Fa :



Ils enchaînent avec Mestizaje. Cette fois, j’y vais. Je laisse mes affaires en faisant un beau sourire à ma charmante voisine et part dans la moiteur de la fosse. Le pogo est ultra compact. D’ailleurs je ne sais pas si on peut appeler ça pogo, puisque qu’on s’est plus contenter de sauter sur place. Le groupe poursuit avec Tio Sam critique de l’empire américain avec Pipi déguisé en gigantesque Oncle Sam. C’est ça qui est bien avec Ska-P. C’est du grand spectacle. Les rythmes sont toujours aussi entraînants et festifs. Tout le monde chante les paroles même si très peu parlent espagnol. Mais on s’en fout. C’est tellement bon. Surtout qu’après, Ska-P nous offre le terrible Romero el Madrero avec Pipi déguiser en CRS faisant sauter de plus bel le public. Les refrains sont simples à retenir et ils accrochent bien. On ne comprend rien aux paroles mais avec les déguisements et les mises en scène, on ne peut que saisir le sens des textes.

Trou d’air devant moi. On me pousse violemment dans le dos. Je me rattrape de tout mon poids sur mon genou. Bing. Un genou en moins. Ça c'est fait. C’est pas grave, on continu et on se dit qu'on a pas mal. Le groupe continu en moins festif et plus rock avec Mis Colegas qui n’atténuera en rien l’énorme brasier devant la scène. Puis vient Crimen Sollicitationis qui s’en prend au pape. Le visage de Benoît XVI apparaît en fond pour se transformer à la fin du morceau en tête de mort. Annonce de Cannabis, histoire de relancer une fosse qui s’était un tout petit peu ramollit. Dans la salle, chaque titre raisonne comme un tube. Ils continuent avec Planeta Eskoria et El Imperio Caerá issu du dernier album. Puis, vient l’instant mega-festif avec Derecho de Admision sur des aires de cornemuses. Je prend le temps de jeter un coup d’œil derrière moi. Dans les tribunes, tout le monde est debout et danse ou lève les bras. C’est impressionnant. S’ensuit El Libertador, Vergüenza (chanson contre les corridas) puis le sur-vitaminé nouveau titre Lagrimas Y Gozos. A noter sur ce dernier titre, le chanteur évoque le nom de notre cher président à grand coup de « fuck ». Sarkozy va-t-il remplacer Bush en tant que grand méchant à dénoncer ? Puis, un Welcome to Hell avec Pipi dans le rôle du condamné à mort sur la chaise électrique dans une mise en scène morbide.


El Imperio Caerá :



Je commence à fatiguer. Les pogos sont toujours aussi denses. J’hésite à retourner dans les tribunes. Mais voilà, que le guitariste se fait plaisir en jouant la reprise des Clash I Fough The Law. Très bonne surprise et évidemment je reste. Dommage que peu de gens connaissaient. On approche de la fin du show et les tubes s’enchaînent : Casposos (avec Pipi déguisé en voyante malhonnête), A La Mierda (le chanteur scande un puissant fuck au racisme et à la xénophobie), El vals del obrero (où le chanteur laisse le public chanter en chœur l’intro) et Simpatico Holgazan (avec Pipi habillé dans une tenue de noble). Ils terminèrent par un Gato Lopez réveillant les dernières forces du public pour retourner la fosse une dernière fois.

Simpático Holgazán :




Finalement, quand je me relis, je me rends compte que sur chaque morceau, il y a un truc de spécial. Ska-P sur scène, c’est du grand spectacle à coup de dynamite. C’est dommage qu’on ne comprend pas toujours les paroles, ce qui renforcerait encore plus l’intensité des chansons. Bilan, pour mon dernier concert de l’année : j’ai deux genoux sur la même jambe, une cheville qui part en vrille, un poignet qui a du mal à répondre et un jeans et un t-shirt foutu. Mais putain que c’était bon !!!


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Enhancer est un des derniers survivants de la vague frenchcore déclenchée en ce début de décennie. A l’origine, le groupe avait un style hip-hop-metal voir rapcore. Plus tard, le groupe s’orienta dans le commercial avec Electrochoc. J’avais beaucoup apprécié leur set au Garorock 2002 ainsi que celui de l’Elysée Montmartre l’année suivante. Mais celui du Bataclan à l’époque d’Electrochoc m’avais totalement dégoutté et je me suis juré qu’on ne m’y reprendrait plus. C’est donc en pantoufles chez moi que je visionne leur dernier concert à l’Alhambra pour faire cette chronique. Ce qui est pratique, c’est que je peux passer les moments lourds. Par contre côté ambiance, mise à part mes chats qui pogotaient derrière moi, c’était pas encore ça.

C’est devant une salle pleine et imberbe qu’Enhancer défendit son dernier album. D’un point de vue line-up, il n’y a plus qu’un seul guitariste. D’après ce que j’ai lu, c’est le guitariste de Pleymo qui a rejoint le groupe. Le changement s’arrête là. On retrouve toujours les 3 chanteurs. Les nouveaux morceaux sont plus orientés rap-rock avec un côté mélodique beaucoup plus présent. Les chants mélodiques sont des vrais supplices. Autant, pour crier ou tchatcher ils se débrouillent mieux. Ensuite, comme toujours avec eux, il vaut mieux ne pas faire attention aux paroles ultra-clichées. Pourtant, ils se sont (enfin) décidés à aborder des sujets plus sérieux autres que les potes, les sorties et les délires mais c’est tellement naïf qu’on en oublie l’idée principale. Dans les nouveaux titres, je retiendrai Debout, Qu’est ce qu’on va laisser et Rock Game qui ressortent plutôt bien. Le groupe aime bien se choisir des « ennemis ». La dernière fois c’était Kyo. Désormais, ce sera BB Brunes et Tokyo Hotel. Et puis, on sourit quand le chanteur qui n’a pas quitté sa casquette et ses lunettes noires de tout le concert revendique qu’il en « marre des gars qui friment ». Et enfin, on se fruste quand ils annoncent que le rock en France est mort. Je crois qu’ils confondent rock et nu-metal.

Heureusement le jeu de scène est toujours là. Enhancer est avant tout un groupe de scène qui dépote. David est le plus impressionnant. Il m’épate par son énergie, ses sauts de 2 mètres et son endurance. 1h30 de concert. Même pas fatigué. Lors d’une bagarre dans la salle, le gars n’hésitera pas à arrêter le concert et aller dans la fosse calmer les choses. C’est clair que c’est lui le plus représentatif du groupe. Pour cette soirée à Paris, Enhancer a invité pas mal de monde. D’abord Mr Toma sur Debout. Ensuite, une excellente prestation de Neva, très à l’aise dans son rôle de girl power à la YELLE. Il y eu aussi des rapper invités dont je ne connais pas les noms, mais je me rappel surtout qu’il y en avait un qui arrêtait pas de traiter le public de « bandes d’enfoirés ». Sympa. Ils ont alternés entre les nouveaux et les anciens titres (Street Trash, La Pression et le très mauvais Dirty Dancing). Avec un final bien hardcore (Hardcore version Dancefloor, Electrochoc, Hot) couronné d’un braveheart à deux étages. L’un dans la fosse, l’autre sur la scène.

Dire qu’Enhancer a mûri est exagéré. Ils ont grandis, oui. Mais ils restent de grands garnements qui sont dans leur phase « contre-la-société ». Au final, je ne regrette pas d’avoir raté ce concert même si je m’attendais à pire. Ils me font beaucoup penser à Silmarils. Le groupe à spliter au quatrième album. Espérons que le groupe se renouvellera ou reviendra à ses racines et ira plus loin.


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C'est dans l'air du temps. Pour ceux qui ont raté le concert de Enhancer le 10 décembre à l'Alhambra à Paris, la vidéo intégrale du live est dispo sur le site MyGroovyProd. J'ai pas encore eu le temps de la visioner mais la production m'a l'air correcte. Je ferai surement un livereport du show prochainement.

Arrivé à 19h30 devant le Bataclan en me disant que je suis large (concert annoncé à 20h), je me rends compte qu'en fait la première partie est déjà entamée. Après avoir attendu un quart-heure dans le froid pour le vestiaire, je finis par rentrer dans une salle pas encore pleine. Superamazoo est un groupe de rock/rap/ska/reggae/drum&bass un peu bordélique sur les bords. Il est composé de deux chanteurs dont un Mc, d'un guitariste et de 3 cuivres. Le groupe donne l'impression d'être incomplet : il n'y a ni basse, ni batterie. On se contentera de sample ou de l'human beat box du Mc que je trouve vite gonflant. Le chanteur principal a une voix style chanson française qui ne s'accorde pas au style du groupe. Cependant, malgré tous ces petits défauts, Superamazoo est à l'aise sur scène et finit par emporter le public avec lui. Il se paie même le luxe d'être accompagné par le basiste de Gogol Bordello le temps d'un morceau.

Après une longue attente de 45 minutes, l'impatience commence à se faire sentir et le public à du mal se tenir. Cette fois-ci la salle est pleine. Extinction des lumières et arrivée d'Eugene sur scène brandissant une bouteille de rouge. L'histoire ne dit pas s'il l'a finit, mais on verra régulièrement cette bouteille dans les mains du chanteur au court du concert. Eugene commence en douceur avec Illumination, petite balade acoustique. Le reste de la troupe arrive au fur et à mesure sur le morceau. Gogol Bordello est désormais au complet sur la scène de l'Elysée Montmartre et les choses sérieuses peuvent commencer avec un Ultimate foudroyant, suivi du tube Not A Crime faisant sauter toute une salle qui n'attendait que ça. S'ensuivent une succession de titres (Wondelust King, Supertheory of Supereverything, My Strange Uncle, Sacred Darling) tout aussi festifs les uns que les autres faisant crier, sauter, et danser l'assistance. Instant punk avec 60s Revolution et instant reggae avec Tribal Connection.

Tribal Connection :



A certains moment du show, les deux groupies de Gogol Bordello, munies de leur petits shorts moulant :) font leur apparition histoire de relancer une ambiance qui ne s'atténua jamais. Sur certains morceaux elles sont munies de cymbales et d'une grosse caisse accentuant l'aspect visuel et énergique du show. Intervention aussi du chanteur de La Phaze sur un Immigrant Punk bien boosté. Je regrette quand même qu'ils n'aient pas fait l'excellent titre de La Phaze : La Fièvre de l'Exil. De même, se seront les cuivres et le rapper de Superamazoo qui s'inviteront sur American Wedding. Apparemment, le groupe aime bien les featuring (Madonna, Che Sudaka). Ils firent un faux final explosif avec le titre Baro Foro rallongé de 20 bonnes minutes de medley dansant.

Baro Foro :



Le public est en trance. Je regarde autour de moi. Les bouches sont ouvertes pour mieux respirer. Tout de monde dégouline de sueur. Certains sont torses nus. D'autres n'arrivent plus à tenir debout. Je rêve d'une gorgée d'eau. Retour de Gogol Bodello pour le rappel. Après quelques petits délires musicaux (reprises de Pink Floyd et Desireless), le groupe joue leur excellent tube Start Wearing Purple faisant jumper toute la salle.



S'ensuivit la reprise Mala Vida et enfin, le sautillant Think Locally, Fuck Globally. Au final un concert terrible répondant bien aux attentes. Mais les grandes salles font perdre un peu de leur charme au groupe. Il y a deux ans au Trabendo, le chanteur slamer sur la grosse caisse par-dessus le public, et le public terminait sur la scène dans une furieuse fiesta tzigane. On espère que le groupe continuera a rester comme il est. Gogol Bordello, c'est un look, un style, un délire, une façon de vivre, une valeur sûre contre la morosité. J'en reprendrai bien encore un peu.

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Bad Joke

Cette semaine le City Shakers du Glaz’Art n’a pas réunit beaucoup de monde. C’est devant à peine plus de 15 personnes que Bad Joke entame son concert. C’est dommage, mais il faut reconnaitre qu’outre sur le site du Glz’art, il n’y avait aucune promo de la soirée. Quoiqu’il en soit, le groupe a tout de même fait un show correct. Leur fusion hip-hop/rock/breakbeat tintée de reggae/ragga est complexe tout en étant fluide et bien taillée pour la scène. Elle me rappelle la période d’or de la fusion française des années 90s avec No One is Innocent, Silmarils ou Oneyed Jack. Malheureusement, l’électro-rock d’aujourd’hui se résume plus à de la musique minimaliste qui tourne autour du disco-rock. Perso j’apprécie beaucoup leur musique, d’autant que le son était excellent. Mais peut-être suis-je has-been ? En tous cas, je vois bien le groupe tout exploser dans un festival en fin de soirée. Le groupe est composé de deux chanteurs, basse, guitare et batterie. Ils alternent entre des morceaux plus axés rap et des instrumentaux électro-rock bien dansant. Ils terminèrent par une reprise de Spicy Box, Plein pouvoir à ton corps un peu molle et bâclée. L’originale a plus de hargne. Visiblement le groupe était pressé d’en finir. Au final, si l’occasion se présentait, j’irai à nouveau les voir, mais je l’espère dans une salle un peu plus garnie. Vu comment les modes musicales changent vite, peut être leur style redeviendra tendance un jour. Qui sait ?Je l'espère pour eux.

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A l'occasion du passage du Persistence Tour à Paris, tous les coreux se sont donnés rendez-vous mardi soir à l'Elysée Montmartre. J'arrive un peu après 19h. La salle est pleine. Mais à y regarder de plus prêt, des rideaux ont été mis de manière à réduire considérablement la taille de la salle. Sur scènes, des skinheads jouent du pounk oï. Il s'agit du groupe hollandais Discipline. Le chanteur avec tous ses muscles, ses tatouages et son apologie pour le houliganisme n'a pas vraiment conquis le public. Le groupe termine rapidement sous des applaudissements polis.

Ce sont ensuite a nouveau des hollandais, les Borm From Pain qui prennent le relais. Le groupe joue un hardcore métal lent et puissant taillé pour le mosh. Dès le premier morceaux, ils déclenchent un circle-pit dans la fosse. Avec une prestation scénique plutôt modeste, ils ont eu un bon accueil du public qui dans l'ensemble était là pour bouffer du hardcore. Toutefois, le chanteur avec sa belle veste de pêcheur avait l'air épuisé. Ça se ressentait dans la voix.

Born From Pain - Rise or Die :



Suit la grosse claque de la soirée très attendue par les fans : les californiens de Terror. Le groupe est considéré comme l'un des meilleurs de la scène hardcore actuelle. Et ça s'est bien ressentit dans la salle. Avec un style un peu groovy proche de celui des Madball. Ils font un hardcore metal assez rapide avec des gros ralentissements qui déchirent tout. Grosse patate du chanteur qui circule sur la scène avec une démarche de boxeur. Les titres phares (Push it away, Relentless Through and Through, Always the Hard Way, Another Face, Never Alone ou Overcome) déclenchent des explosions de rage dans la fosse. L'agressivité des pogos est telle que je n'ai pratiquement jamais pu faire une vidéo digne de ce nom. Ils terminèrent avec le titre Keep Your Mouth Shut et laissèrent une salle complètement anéantie.

Terror - Overcome :


Dans un style plus chevelu, arrive les allemands de Heaven Shall Burn. L'accueil du public est beaucoup plus froid. La présence du groupe fait un peu tâche dans une programmation orientée punk hardcore. Leur death metal brutal est loin de convaincre une salle venue essentiellement pour du hardcore. Il y eu quelques mouvements dans la fosse, mais la plupart du temps celle-ci est restée désespérément vide. Les gens attendaient impatiemment que le set se termine.

Sick of it all, toujours au top malgré les 20 ans d'âge du groupe. La dernière fois que je les ai vus, c'était il y a plus de 10 ans. A l'époque je m'étais pris un énorme coup de pied au cul à l'écoute de Just Look Around. Dans la foulée, je découvrais l'excellent Scratch the Surface et devenais définitivement fan. Le show de hardcore old-school fut puissant, carré et ultra-énergique. On hallucine en voyant le bassiste et le guitariste ne tenant pas en place plus d'une seconde et courant d'un bord à l'autre de la scène. Par son jeux de scène, le guitariste est vraiment bluffant. Il saute, il court, il mosh. Terrible. Et que dire du chanteur ? Avec son reconnaissable chant, lui aussi dégage une terrible énergie. Contrairement à beaucoup de groupe de hardcore, SOIA ne joue pas les gros méchants ou les gros rebelles et joue plutôt la carte du groupe sympathique. Toujours le sourire et le chanteur lance souvent des blagues au public, tout en le remerciant parce que sans lui il n'existerai pas. Des titres, ils en ont fait plein. Impossible de tous les citer : Good lookin' out, Built to last, Take the Night Off, Goatless, Busted, Call to Arms, Step down, Injustice System, Sanctuary, We Stand Alone, Uprising Nation, Die Alone. Sur Scratch the Surface le groupe organise un Wall of Death et terminenet avec le tube Us Vs Them repris bien évidement en chœur par le public.

Sick Of It All - Goatless :



Sick of it all - Scratch the surface :




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Dans le cadre du Eastpak Antidote Tour, l'Elysée Montmartre proposait mardi soir une intéressante programmation de rock US.

Arrivée à 19h45 et le deuxième groupe a déjà entamé son show. Je me demande à quelle heure a commencé le premier. La salle est pleine mais n'affiche pas complet. Skindred, avec son ragga-metal agressif, ose une approche musicale assez originale. Le chanteur rasta est très à l'aise sur scène et dégage beaucoup d'énergie pour chauffer la salle. Il saute et court d'un bout de la scène à l'autre sans lâcher une seule fois le public. Sur certains morceaux ou en interlude il utilise un sound- system bricolé comme fond sonore. La sauce finit par prendre, surtout après que celui-ci est titillé le public en lui demandant s'il était allemand ou hollandais. Apparemment nos amis de l'Est les ont déçus. Musicalement, autant, j'adore le mélange reggae-punk (Manu Chao, The Clash, Sublime …), autant le mélange ragga-métal me semble moins évident. Quoiqu'il en soit Skindred avec son métal sautillant a assuré avec succès son rôle de chauffeur de salle.

Skindred - Pressure :



Le set suivant est assuré par les gars de Street Dogs de Boston. Les t-shirts Dropkick Murphy's font leur apparition devant la scène. Il est vrai que Street Dogs inclus le premier chanteur du célèbre groupe de punk celtique. Le groupe arrive confiant et décontracté sur scène. Ils commencèrent avec Mean Fist. Le chanteur est dans le même style que celui des Dropkick Murphy's mais en plus sympathique. Dès le premier morceau, il monte sur les énormes enceintes de la scène. Dans la fosse, le public est dans un premier temps plutôt timide et préfère observer. Mais se sera sur le second titre Not without a purpose que la fosse explosera. Le groupe se donne à fond et enflamme la salle un peu plus à chaque morceau. Les mélodies de Street Dogs sont assez proches de Dropkick Murphy's mais en un peu plus lent. On y retrouve les sonorités irlandaises sans les instruments folkloriques. Ils terminèrent par In Defense of Dorchester suivi de Fighter et provoquèrent le seul Circle Pit de la soirée. Au final, 30 minutes de set. C'est court. Trop court. J'en aurais bien repris une demi-heure de plus.

Street Dogs - In Defense of Dorchester :




Une petite pause histoire de reprendre son souffle et les Flogging Molly arrivent sur la scène. Le groupe est composé du chanteur à la guitare acoustique, d'un violon, accordéon, guitare électrique, basse et batterie. Ils commencent sec en balançant un Paddy's Lament ravageur. Gros mouvement de foule dans la salle. Tous ceux qui n'ont pas eu le temps de terminer leur verre balancent leur gobelet en l'air. La bière vole dans tous les sens. On est tous compressé dans une énorme marrée humaine. Et Flogging Molly ne compte pas faire dans la dentelle en enchainant avec Swagger. Impossible de ne pas bouger. Toute la salle danse, saute ou pogote sur les sons d'un folk-punk-festif qui déménage. C'est moins punk que le précédent groupe mais beaucoup plus dynamiques. Dans la fosse, les pogos sont énergiques et puissant mais jamais violents. C'est bon esprit. Même si des fois c'est limite quand on veut se reposer et que un gars derrière nous pousse volontairement dans le pogo. La setlist est bien dosée. On passe des ambiances survoltées sur les titres incontournables comme Drunken Lullabies, Devil's Dancefloor, Salty Dog, Selfish Man ou What's left of the flag aux petits instants calmes où on prend le temps de respirer sur des balades comme Whistles of the wind, If I ever leave this world ou Float. Le chanteur félicite le nouveau président des Etats-Unis entre deux morceaux. Le groupe conclue par Seven Deadly Sins qui termine d'achever les plus virulents.

Flogging Molly - Whistles of the wind :



Flogging Molly - Rebel Of The Scared Heart :




Voir aussi :

bellrays3

A peine remis du concert de la veille que je constate que de beau matin le hiboo a déjà fait un compte-rendu nickel de la soirée avec vidéos youtube à l'appui. La concurrence est rude. Mais a y regarder de plus pret, les vidéos datent de l'année dernière (ricanement jaloux). Je vais me forcer à ne pas lire leur live-report pour ne pas être influencé par leur propos.

Comme d'hab, arrivée à la bourre au Trabendo. La première partie a déjà commencé et je n'arrive pas à distingué l'affluence dans la salle. Ce qui me frappe, c'est le silence pesant qui y règne. Au bar, je dois limite chuchoter pour parler à mon entourage. Je prends quand même le temps de jeter un coup d'œil à la chanteuse répondant au nom de Lippie. Celle-ci est accompagnée d'un guitariste et d'un batteur. Ils pratiquent un genre de musique folk assez minimaliste. La chanteuse ne se débrouille pas trop mal au chant. Je m'excuse pour ma culture un peu pauvre dans le domaine, mais la voix me fait penser à celle de Bjork. Elle a un style et elle dégage une osmose particulière. Malheureusement, elle n'est jamais arrivée à faire partager ses délires avec le public. Donc, je dirai, musicalement bien, mais il faut travailler la présence scénique. Trop de blancs qui mettent mal à l'aise, aussi bien dans les accords qu'entre les morceaux, sans compter les blagues que personne ne comprend.

Fin de la première partie, lumière sur la salle. Pas trop de monde. Je dirai une salle à moitié pleine ou à moitié vide si je me mets en mode parisien jamais content. On va dire que la cause est due au lundi soir. Je pense que ce ne serait pas exagéré d'affirmer que la moyenne d'âge dépasse largement la trentaine. J'en suis le premier surpris. Moi qui les ai découverts cet été, je me rends compte que beaucoup doivent surement les connaitre depuis bien longtemps.

Les lumières s'éteignent et arrivée des Bellrays sur scène. Tous ceux qui étaient aux bars, au fond ou sur les côtés de la salle se rassemblent au devant la scène. D'un coup, on pourrait croire que le Trabendo est plein à craquer. La chanteuse annonce « We're The Bellrays », et vlan dans ta gueule c'est partit pour 1h15 de rock & soul afro powaa. Le groupe ne nous a pas déçus. Loin de là. Les musiciens sont toujours à fond et musicalement au top. La chanteuse avec sa gigantesque coupe afro dégage un charisme et une hargne à réveiller les morts. Le personnage impressionne et fait passer Tina Tuner pour une malheureuse candidate de la Star Ac. Musicalement, ça me fait penser sur certains titres à du AC/DC période Bon Scott. J'adore. Certains morceaux sont plus punks ou entièrement soul. Ne connaissant que les deux derniers albums, il y avait pas mal de morceaux inconnus pour moi. Je peux citer tout de même : One Big Party , Tell the lie, The same way, Infection, Coming down, Change the world, Psychotic Hate Man, Testify et Hard sweet and sticky repris en choeur par la public. Public d'ailleurs assez sage sans folie ni bousculade. Ainsi, du bruit, il y en avait, mais pas de sueur et par conséquent pas de vidéo non plus. Toutefois, un grand moment de rock'n roll qui méritait le détour.